Ecrit ce jour là...
Notre Père qui est aux cieux,
Reste s'y.
Que ton nom soit oublié.
Que ton règne cesse.
Que ta volonté s'éteigne sur la Terre comme au ciel
Donne-nous aujourd'hui un peu de bonheur
Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi,
Les tiennes.
Ne nous soumet pas à la tentation mais arrête de nous faire du mal.
Car c'est à toi qu'appartiennent la folie, la connerie et la vie,
Pour encore des siècles et des siècles.
Selon Rousseau faut soigner le bégaiement (coran, évangile, bible)
Mr M. le directeur qui passe chez les premières STSS, je m'étais incrusté parce que j'vais des heures de permanences. Puis il leur annonce que le Bac se déroulera a tel endroit, et nous sort sa quotidienne en nous faisant rire, à savoir ; vous pouvez repasser votre bac si vous êtes malades, hein ? Une hospitalisation, l'appendicite, ça arrive de temps en temps, donc ne vous en faites pas. Deuxième cas le décès d'un proche, quand je dis proche ce n'est pas le cousin du tonton au copain du voisin non plus hein ? Bon. Et troisième cas, une catastrophe naturel, volcan en éruption, tremblement de terre, inondation... Un lavabo qui déborde ce n'est pas une catastrophe naturelle, attention....
Bien sûr ce sont les trucs qui arrive jamais, ça m'était pas arrivé quand j'étais en première comme eux, alors je m'étais replongé dans mes exercice type bac oral de science sanitaire et social tranquillement.
Pendant ce temps il était prévu que mon grand père se fasse opérer au colon pour un problème tumoral. Aussi ma grand-mère, mais pour une chose moins grave au niveau du ventre également.
Rien ne changeait autour de moi, si ce n'était la fin d'année scolaire, le soleil, et déjà la sensation d'errer les deux prochains mois comme un rescapé sur son ile déserte de 5 mètre carrée. Non je ne sais pas les dimensions de mes chambres, mais parfois je suis obligé d'en sortir si ce n'est pour voir des visages, c'est bien la seul chose qui m'oblige à sortir, sinon il y a longtemps que je ne le ferais plus. Mais peu importe, ma semaine de révision pour mon bac SMS est plutôt chiante, je vais chez mon père ce weekend là mais hésite à parler à mon grand père avant son opération via le téléphone. Je lui parlerais après, ça revenait au même. Je n'étais pas inquiet, parce que ce n'est pas ma nature. En fait je suis quelqu'un de très immature, je n'ais jamais découvert grand-chose si ce n'est quand j'y étais contraint. La curiosité ne m'éveil pas. En fait je me fou d'un peu de tout, j'ai 'l'impression d'attendre sans cesse, mais après quoi ?
Mon père qui me rappel a propos de mon grand père dans la semaine, l'opération qui s'est bien passé, mais bon le toubib dit qu'il faut 4,5 jour pour se remettre et sa allait être le sixième. Non ça n'allait pas. Il était presque endormit, affirmait sa réponse par des gémissements, la perfusion glucosée, suivit du matériel pour l'aider a respirer, le personnel médical pour lui donner a boire, la face pâle, comme mourant. Mais non pas a 68 ans, on ne meurt pas à cet âge là en France merde. J'y songe mais je n'y pense pas vraiment. C'est vrai mourir ça ne ce fait pas comme ça ? Et bien si. Putain, nous somme lundi, la semaine de bac commence. Tiens au matin Parrain m'appel. C'est bizarre car je ne parle plus beaucoup avec, tout comme au reste de ma famille. Régine dit que j'essai de me protéger. C'est plutôt que je ne veux plus de grand-chose, que je me fou de pas mal de truc. Oui peut-être que je me protège. Parrain me dit dans le message vocal de me donner le numéro de portable de papa. C'est drôle, il ne l'a pas. C'est vrai que ce n'est pas la grande fraternité entre eux, peut-être encore moins que moi et ma s½ur. Mais ce qui est troublant c'est son intonation quand il finit de dire « ... c'est a propos de ton grand père » Et là c'est comme un soupir de peur, de mal, de souffrances, une suffocation étouffée. Très vite je lui donne le numéro par message vocal.
Arrivé à Cambrai, je dois retrouver Marion pour manger avec elle. Il fait beau, tout vas bien. Oh papa m'a appelé, j'avais repensé aux mauvaises choses dans le bus, alors je rappel papa, en lui disant tu m'as appelé ? Parce que souvent on se parle pour un rien. Je sers souvent d'intermédiaire entre maman et papa comme il n'aime ne pas parler à maman comme un grand. Alors il me demande si parrain m'a expliqué. Mais il avait rien à m'expliquer, c'est moi qui est expliqué a mon père qu'il allait l'appeler. Non, en vérité, pépé il est partit, et là je m'arrête sur le chemin du jardin public que je me tape depuis trois ans sous les grands arbres verts le long de l'allée. « QUOI ? ». C'est comme si tout se brise autour de nous, mais les gens continue de passer sans questions. C'est très dur. Je regrette Marion, je ne t'ai pas « posé de lapin ». C'est juste que j'avais envie de manger seul. Sur un banc, avec un sandwich et un coca du Pré d'Espagne (le café devant le lycée). Tout le monde passe devant la médiathèque, tout continue de vivre, mais tout semble mort de mon coté, je commence à repenser aux bons moments du passé. Le passé m'es de plus en plus cher, j'aime a croire que je suis un espèce de punk/grunge spirituel parce que je n'ai pas l'impression d'avoir de futur. Ces années là me manques. Un bourdon se pose sur mon pantalon déchiré, il y reste au moins 5 minutes sans trop bouger, même quand je me mets à marcher pour aller pisser. Peut-être un signe. Pas question d'en parler aux gens du lycée en tout cas, comme ils sont ils vont tout de suite vouloir me consoler. Je déteste ça. C'est le truc qui me ferait chialer d'avantage. Comme dans le temps où au foot je m'étais porté volontaire pour ne pas jouer le match comme nous étions trop nombreux face à l'autre équipe de géant qui m'aurait bousillé ma nature si douce, amicale et non violente. Tout le monde me disait merci et Mathieu P. qui me dit « merci, ça c'est un vrai pote » ça me tiens encore au c½ur.
Le lendemain Thomas qui me demande si j'ai bien dormit, et bien oui à fond, alors il se marre en me disant que j'ai de la chance. Ce mardi midi ils m'auront (Emeline, thomas, Maxime, Elodie, Amandine) bien fait oublier mes peines sans le vouloir car ils n'étaient pas aux courant. Ils l'auraient été ils auraient tout fait pour que je me sente bien et sa aurait tout cassé, parce que j'aurais été au dessus de tout le monde.
Merde aujourd'hui c'est l'enterrement, mais je suis moins triste que lundi, je me demande pourquoi, car ce n'est pas normal, que je change sans arrêt d'humeur comme ça. Je crois que je n'avais jamais assisté à un enterrement. Le monde qu'il y avait ! Papa qui arrive en face de moi et qui me serre en me disant que c'est bien que je sois venu, mais en pleurant presque. Putain papa pleure. La classe à raison depuis la seconde, je suis pas « aware » C'est un peu normal qu'il pleure, ce que je suis con quand même. Ce que je veux dire c'est que c'est la première fois que je le vois pleurer. Très vite on rattrape mémé soutenu aux bras par Parrain et Ghislaine, suivi de ma s½ur, ma cousine et son petit frère mon filleul. Même les gosses sont là, je trouve sa dure pour eux. Je fais auparavant deux trois signe de tête à Tonton, Pauline, je ne sais pas si ils m'ont vu, tout le monde est en pleure presque, je les entends derrière moi comme nous ouvrons le cortège en ligne. Mémé a énormément de chagrin, nous marchons doucement devant la camionnette qui comprend le cercueil. Puis une rangée d'une dizaine de pompier se tient enfin devant nous quand nous passons pour nous arrêter devant le cercueil que la société de pompe funèbre sortait du véhicule. Un pompier qui cri « messieurs, garde à vous ! » quand nous passons devant eux, en respect de mon grand père qui fus lieutenant. Et Mr Lenotte, l'ancien maire du village, je l'avais oublié. Il n'a pas changé. Il s'engage dans un long discours retracent la vie de mon grand-père. Je ne savais même pas qu'il avait commencé à travailler à treize ans. Il part avec sa vie, et jamais il ne me la racontera comme j'y avais songé. A force de remettre à demain ce que l'on peu faire aujourd'hui on s'y perd. Fais chier, il est mort, et c'est pendant ce discours que j'ai été le plus malheureux. Et a cette instant encore, parce que je ne réalise pas encore a quel point il va me manquer. C'est comme si j'avais plein de truc à faire, a parler avec lui, mais c'est le « trop tard » qui me retourne le c½ur et me brule les yeux. Putain, merde, pépé...
Tout le monde à présenté ses condoléances, j'ai tendu la main a Yannick pour lui dire bon,jour, il est toujours aussi classe, il était en costume, et Emilie est toujours aussi jolie, elle m'a fait un signe de la tête en passant. Ses yeux aussi chargé que le miens, après tout pour elle et Yannick c'était comme un grand père aussi, pour les cadets c'était un père, et pour les plus âgés un merveilleux amis sans doute.
Je me demande si les morts peuvent nous voir. Un texte de Kant dit que nous croyons parce que nous nous basons sur des choses que nous ne pouvons pas vérifier, et contredire sans preuve. Si tu es juste a coté de moi, mon grand-père, sache que je regrette énormément de mettre éloigné de tout le monde ses 5 dernières années, parce que je vous ai quelque part oublié sans l'admettre. Mais je vous aime, c'est juste que je ne me sens pas bien souvent. Je vais essayer de voir plus souvent mémé. Tu dois te dire que je suis taré en ce moment. Mais personne ne me connait vraiment. Papa croit que je suis un grand timide parce que je ne parle jamais chez lui. C'est juste que je n'ais pas envie, encore une fois je n'ai envie de rien. Nous sommes ensuite rentré chez mémé, dans le garage tout tes outils, ton vieux blouson bleu contre l'échelle, mais tu ne le mettras plus jamais, et tout les trucs de pêche dans les greniers ?
Ça me désole beaucoup trop de voir ce qui t'appartient mais plus toi. Tu as disparu aussi discrètement que tu vivais comme le disait Mr. Lenotte. Tu ne bricoleras plus rien, ne rendra plus service a personne, c'est ce que tu faisais de mieux depuis ta retraite. Quelqu'un de vraiment admirable. Je me souviens quand tu me reprenais à l'école parce que j'étais malade. Quand tu klaxonnais après les filles en voiture en ma présence. Et les mots fléchés ? Y'est trop tard, trop tard, trop tard, putain. Pépé je ne t'oublierais jamais, c'est promis. Pardonne moi.
5 aout 2008, voila j'ai finit de tirer la derniere pomme de terre que tu avait semée, encore une trace toi qui s'estompe dans l'environnement fade qu'il reste dans la Rue de Montay. C'est un honneur d'avoir semé a mon tour quelques goutes de sueurs dans ton jardin qui m'aura bien nourrit toute mon enfance.
Paschendale - Iron Maiden - géniale